Le temps long est notre allié.
Un bois bien choisi, c'est cinquante ans gagnés. On préfère un mois de plus à l'atelier qu'un meuble qui ne tient pas dix ans. La précipitation est l'ennemie de l'ouvrage.
À l'atelier, à l'école, dans des chantiers improbables. Aujourd'hui, nous tenons ce carnet d'atelier et continuons à prendre les chantiers qui nous parlent. Pas de recettes magiques, pas de tutos express, juste ce que la matière nous a appris.
Diplôme obtenu à 19 ans dans un lycée professionnel du Doubs. Premier établi, premier rabot, premier copeau. La main qui apprend à lire la fibre.
Quatre années à passer de ville en ville, de maître en maître. Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Marseille. On apprend autant l'humilité que le métier.
Dix-huit ans en atelier comme ébéniste salarié puis chef d'atelier. Mobilier d'église, restauration de pièces classées, mobilier sur mesure pour particuliers.
Vingt ans à transmettre à des jeunes en CAP et BAC pro menuiserie. À voir des mains maladroites devenir sûres, des regards s'allumer devant un premier assemblage.
Retour aux chantiers à temps choisi : escaliers, fenêtres, mobilier, restauration. Et la tenue d'un carnet d'atelier, ce magazine que vous lisez en ce moment.
Un bois bien choisi, c'est cinquante ans gagnés. On préfère un mois de plus à l'atelier qu'un meuble qui ne tient pas dix ans. La précipitation est l'ennemie de l'ouvrage.
Une vieille fenêtre, un escalier centenaire, un bahut de famille : tant que le bois est sain, on le sauve. Les anciens travaillaient bien, et ce qu'ils ont fait dure souvent mieux que ce qu'on fabrique aujourd'hui.
Chêne du Morvan, hêtre du Jura, châtaignier de Saône. Huile de lin, cire d'abeille, gomme-laque. Aucun produit chimique sur les bois nobles. Le bois respire, le poumon de la maison aussi.
Vingt ans en lycée pro nous l'ont appris. Le geste juste vit dans les mains qui le reçoivent, pas dans les livres. Chaque ouvrage est livré avec son carnet d'entretien, pour la génération suivante.
« Quand on apprend à un jeune à tenir un ciseau à bois, on ne lui apprend pas seulement à tailler une mortaise. On lui apprend à écouter ce que la matière a à dire avant de la trancher. » Henri Lavigne
On ne devient pas ébéniste, on le reste. Pendant quarante ans, nous avons touché du bois presque tous les jours, à l’atelier, à l’école, sur des chantiers improbables. Aujourd’hui, nous partageons sur ce carnet ce que la matière nous a appris. Pas de recettes magiques, pas de tutos express. Juste ce qu’on a vu fonctionner, dans la vraie vie, sur du vrai bois.
Ce magazine n’est pas une entreprise. C’est un carnet d’atelier ouvert, tenu depuis Champagnole, dans le Jura. On y écrit comme on travaille le bois : lentement, et seulement quand on a quelque chose d’utile à dire.
Tout a commencé en 1981, avec un CAP de menuiserie et l’envie de comprendre comment les choses tiennent debout. Puis ce fut le Tour de France des Compagnons du Devoir, de 1983 à 1987 : des villes, des maîtres, des gestes transmis à voix basse au-dessus d’un établi. On y apprend autant l’humilité que le métier.
Sont venus ensuite les ateliers privés, la restauration de mobilier d’église, des pièces qui avaient traversé des siècles et qu’il fallait remettre debout sans les trahir. C’est là, devant ces vieux bois, qu’on a compris une chose : le temps long n’est pas l’ennemi de la matière, c’est son meilleur allié.
Pendant vingt ans, nous avons formé de jeunes ébénistes en lycée professionnel. Transmettre, c’est devenu une obsession, d’autant qu’une de nos petites-filles s’est lancée à son tour dans le métier. On a vu des mains maladroites devenir sûres, des regards s’allumer devant un premier assemblage réussi. C’est peut-être le plus beau de ce métier : ce qui se construit pour durer plus longtemps que nous.
La matière a quelque chose à nous dire. Le geste est une pensée. La transmission est ce qui reste. C’est tout l’esprit de ce magazine : rendre au bois sa dimension de sens, sans jamais tomber dans le précieux. Vous y trouverez des essences, des finitions, des prix, des retours de chantier, et, on l’espère, l’envie de regarder votre maison autrement.
Nous écrivons « nous », parce qu’un atelier n’est jamais l’affaire d’un seul homme : il y a tous ceux qui nous ont appris, et tous ceux à qui nous essayons de transmettre. Bienvenue à l’établi.
Si vous avez un projet, ou simplement l'envie de voir comment on travaille, prenez un rendez-vous. Café, copeaux, et le temps qu'il faut pour faire connaissance. On parle bois, on regarde la pièce ou la maison à laquelle vous pensez, et on dessine un premier trait ensemble.
Atelier Rossignol Menuiserie
12 rue de la Forge
39300 Champagnole, Jura
Visites & rendez-vous
Du lundi au vendredi, 9h à 18h
Samedi sur rendez-vous
Zone d'intervention
Champagnole et environs, dans un rayon de 50 km autour de l'atelier.